Une mystérieuse tentative d’empoisonnement à Ville-sur-Terre en 1826, par Mme Monique Louvel, MR
Au fil de ses recherches aux Archives départementales de l’Aube, l’attention de notre collègue a été attirée par une affaire d’empoisonnement qui agita la commune de Ville-sur-Terre en 1826. « À la lecture du texte – dit-elle – j’ai eu l’impression de voir défiler les habitants du village comme dans une sorte de pièce théâtrale. Peut-être pourrait-on évoquer les Plaideurs de Racine, tant les déclarations semblent parfois prêter à sourire. Mais c’est la personnalité du plaignant qui a bien vite retenu mon attention ».
Celui-ci, Charles Alphonse Delahuproye, était le descendant d’une famille de notables troyens connue depuis le XIVe siècle.

La conférencière en présente la généalogie et brosse un rapide portrait de ses principaux membres, en particulier celui d’Antoine Edme de la Huproye, oncle de Charles Alphonse, qui fut tour à tour président du tribunal d’Arcis-sur-Aube, député de l’Aube, président du tribunal de Troyes, puis conseiller à la cour royale de Paris.



Mme Louvel revient ensuite sur les faits qui ont motivé l’enquête pour tentative d’empoisonnement. En mai 1826, Charles Alphonse et sa domestique se trouvent gravement indisposés après avoir mangé une galette et un gâteau faits de pâte de farine et d’huile d’olive. Hormis le chien qui meurt après avoir avalé un morceau de ces mets, les victimes se rétablissent rapidement. Mais l’affaire ne saurait en rester là compte tenu de la notoriété de la victime qui met la justice en marche pour savoir s’il s’agissait d’un empoisonnement accidentel ou volontaire. Les analyses pharmaceutiques, les interrogatoires des protagonistes, des médecins et d’une multitude d’habitants du village se solderont par un classement de l’affaire dans laquelle personne ne put être mise en cause.
Tout va bien à Vienne : relations entre la famille de Vienne champenoise et le monde artistique, par M. Claude Sansonny, MA
La famille de Vienne champenoise tire son nom du village de Vienne-le-Château, situé en Argonne, au nord du département de la Marne. Hugues de Vienne, né vers le milieu du XIVe siècle, est reconnu comme son plus ancien ancêtre. Par mariages et dévolutions successives, ses descendants rayonnèrent sur une grande partie de l’actuel département de l’Aube : à Piney, Troyes, Géraudot pour la branche aînée et à Bar-sur-Seine et ses environs pour la branche cadette.
À partir de la Renaissance, les membres de cette famille vont développer un goût de plus en plus affirmé pour l’art sous toutes ses formes ; ils deviennent commanditaires d’œuvres remarquables et constituent de somptueuses collections que détaille notre collègue.

En voici quelques exemples :

Gravure sur l’hôtel de Vienne à Troyes réalisée vers 1595
« Et documenta damus qua simus origine nati »
(Et nous prouvons ce qu’est l’origine de notre naissance)
Les « Métamorphoses » – Ovide – Livre I – vers 415
L’humanité renouvelée – Métamorphose de pierres en humains
« Les Métamorphoses » d’Ovide
Deucalion et Pyrrha
Urbino – vers 1550 – © Musée National de Céramique

© Musée des Beaux-Arts de Troyes
Estampe 1703 – Inv 888.1.19 – Don Mme Mitantier 1888

© Musée des Beaux-Arts de Troyes
Estampe 1700 – Inv 888.1.20 – Don Mme Mitantier 1888

« Tout bien à Vienne » et « Vienne de Champagne »
© Musée des Beaux-Arts de Troyes Inv 2012.0.685 à 696


Armes de Louis II de Vienne – Jeanne Marceau, avec le cordon de St-François d’Assise (fidélité conjugale au-delà de la mort)

Armes Fleuriau de Morville- De Vienne : l’épervier et l’aigle noire