Thénard, l’enfant du pays, par M. Gérard Menuel, MR
Cette séance ouvre sur le discours de réception de M. Gérard Menuel au fauteuil n° 9 de la section Agriculture et Économie rurale.
Après avoir rendu un hommage appuyé à son prédécesseur, M. Christian Gaillard, il présente une communication consacrée à Jacques Louis Thénard, enfant du pays.
Jacques Louis Thénard nait le 4 mai 1777 à la Louptière, petite commune du département de l’Aube, dans une famille de paysans aisés. Son père est élu député à l’Assemblée législative en 1791.

Le collège de Sens où il poursuit ses études étant fermé en 1793 par la Révolution, il décide de suivre des études de pharmacie à Paris dans l’espoir d’installer une officine à proximité de son village natal qui en est dépourvue.
Sa rencontre avec le chimiste Nicolas Vauquelin l’incite à quitter cette voie pour s’orienter vers une carrière de chimiste qui sera brillante. Il sera répétiteur à l’école polytechnique, doyen de la Faculté des Sciences de Paris, premier titulaire de la chaire de chimie de cette Faculté.
Ses recherches aboutissent à d’importantes découvertes, parmi lesquelles celles du silicium et du bore. Mais ce qui fera sa renommée sera la découverte, en 1818, de l’eau oxygénée dont les nombreuses applications feront de lui un chimiste définitivement reconnu et incontesté en France comme en Europe.
Le roi Charles X l’élève au rang de baron en 1825.


Il entre en politique en étant élu député de l’Yonne de 1827 à 1831. En 1832, il est nommé pair de France au sein de la Chambre Haute par Louis-Philippe et siège dans la même enceinte que Victor Hugo. Il entre en conflit avec ce dernier qui, par vengeance, donnera le nom de Thénardier, personnage avide et cruel du roman Les Misérables.
Jacques Louis Thénard meurt le 21 juin 1857 non sans avoir fondé la société de secours des amis des sciences dont le but est de venir en aide aux savants qui sont dans le besoin. Ses bourses sont encore aujourd’hui attribuées.
A la demande du conseil municipal de la Louptière, l’ajout de Thénard au nom de la commune fut décrété le 18 novembre 186 en l’honneur de l’enfant du pays.
Monuments parisiens de célébrités auboises, par M. Gérard André, MA
Notre collègue a observé que « parmi les très nombreux monuments parisiens, certains, et non des moindres, sont liés ou dus à des personnalités auboises, au moins 12 pour 15 personnalités, objets de cet article. Hors monuments, au moins 26 rues, places, squares, etc., portent le nom d’une vingtaine d’aubois(es) réparti(e)s sur 13 arrondissements, saint Bernard étant incontestablement le champion des dénominations (8 au total). »
Il présente 12 monuments phares regroupés sous trois thèmes : « les cathédrales, les panthéons et les musées, étant entendu qu’il ne s’agit ici que de monuments visibles en plein air (ou presque) et que le mot « monument » doit être pris dans son sens large et étymologique, à savoir : tout ce qui rappelle quelqu’un ou quelque chose. »

Il conclut ainsi : « Tous ces monuments parisiens, contributions de l’Aube à la capitale, ont vu le jour pour des raisons très diverses : sanitaire (Belgrand), commerciale (Hériot), universitaire (Bernardins), patriotique (Danton), héroïque (Brossolette), honorifique (Simart), mythologique (Girardon), religieuse (Mignart), patrimoniale (Sommerard), philanthropique (Boucher), romantique (Héloïse et Abélard), sentimentale (Camille Claudel/Rodin). Les uns ont rendu de grands services à la population parisienne (Belgrand, Hériot), d’autres aux artistes du Moyen-Âge et du XXe siècle (Sommerard, Boucher), les uns à la Nation (Danton, Brossolette), d’autres aux pouvoirs en place (Simart, Girardon, Mignart), tandis qu’Héloïse et Camille, qui ont tant aimé, continuent de nous hanter lorsque nous pensons à elles et cherchons leur visage. »






